« Cela fait 20 ans que nous attendons ce moment ! » , raconte Madame Soleme, professeure à l’Institut technique provincial de Court-Saint-Étienne. « Puisque chaque année depuis 20 ans, les élèves de 5e et 6e secondaires du cours de français réalisent des projets sur Amélie Nothomb et son œuvre. Ensuite, les élèves allaient présenter le fruit de leur travail à l’écrivain à chaque salon du livre de Bruxelles. À force de la rencontrer chaque année, des liens se sont tissés entre Amélie Nothomb et les professeurs. Et pour marquer la vingtième année de travail sur elle, Amélie Nothomb a bien voulu cette année se déplacer en personne et venir à la rencontre des élèves. C’est une chance pour nous car il faut savoir qu’elle ne se déplace jamais dans les écoles ! » , poursuit la professeure.

À son arrivée dans l’établissement, la romancière belge a été accueillie avec une coupe de champagne qu’elle n’a pas quittée des mains de l’après-midi, en demandant aussi à être resservie à plusieurs reprises. Dans une salle spécialement aménagée et plongée dans une ambiance tamisée, une petite centaine d’élèves et leurs professeurs attendaient la romancière.

Durant près de deux heures, Amélie Nothomb a assisté à des ateliers de douze minutes, réalisés et confectionnés par les élèves du cours de français, comme un petit concert orchestré par le groupe « Salomé » composé de trois élèves de l’Institut, une interview « surréaliste » en tête-à-tête avec l’auteure ou une séance de dédicace tout aussi improbable, à l’image de la romancière.

Amélie Nothomb, conviviale et chaleureuse avec les jeunes présents, a insisté sur le surréalisme de l’école. « Je ne me suis jamais rendue dans un endroit tout aussi surréaliste, c’est fabuleux. J’adore cet endroit ! », a-t-elle dit, une coupe de champagne toujours dans sa main gauche.

Pour les fins connaisseurs d’Amélie Nothomb, on notera son goût particulier pour le terme « pneu ». Un mot que la romancière essaye de placer dans chacun de ses romans. Alors, pour lui faire un joli clin d’œil, Marine, une élève, lui a offert un tableau « surréaliste » avec… des traces de pneus. Amélie Nothomb est restée stupéfaite face à ce cadeau. « J’aime les pneus. Comme l’écriture, ils laissent des traces. Et ces traces racontent des histoires. Les pneus sont donc de très grands écrivains. »

Une après-midi vraiment surréaliste…